Chaque semaine, les coulisses du pouvoir, vues depuis les territoires. Edition du 12 janvier 2026

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La Fabrique de la loi
Chaque semaine, les coulisses du pouvoir, vues depuis les territoires.

Edition du 12 janvier 2026
Bonjour à toutes et tous, 

Dans un contexte politique marqué par l’instabilité et la crispation du débat public, La Gazette des communes ouvre un nouveau rendez-vous pour décrypter, sans filtre, la fabrique concrète de la décision publique, au plus près des réalités territoriales. 

Raconter la décision publique au sens noble, c’est rendre visibles les arbitrages réels, les contraintes concrètes et le rôle central, mais trop souvent invisible, des territoires. 

C’est aussi retisser des liens abîmés ces dernières années : entre Parlement et collectivités locales, entre décideurs publics et réalités de terrain, entre normes nationales et politiques locales. À l’heure d’un débat trop souvent parisiano-centré, il nous apparaît essentiel de montrer combien le travail parlementaire irrigue les territoires, et inversement (mais peut-être pas assez). 

C’est l’ambition de La Fabrique de la loi, newsletter concoctée chaque semaine pour les abonnés de La Gazette des communes. 
Nous vous proposerons, chaque lundi matin, d’entrer dans les coulisses de la décision publique : arbitrages, réseaux d’acteurs, débats parlementaires et influences qui façonnent lois, décrets et normes. 

Notre objectif est simple : vous donner un temps d’avance. Notre credo ? Mieux suivre la fabrique de la loi, c’est se donner les moyens de peser sur son élaboration, et se préparer à son application.
Bonne découverte, et n’hésitez pas à nous faire part de vos retours sur ce premier numéro,
en nous écrivant ici

Romain Mazon, Rédacteur en chef de la Gazette des communes. 

Cette newsletter a été mitonnée par Romain Gaspar avec le concours de la rédaction de la Gazette des communes et notamment cette semaine l’aide d’Arnaud Garrigues.
Ce qu’il faut retenir 
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2026 s’annonce encore sous pression pour les collectivités, prises entre urgence budgétaire et avalanche de textes. L’urgence absolue pour les associations d'élus ? Un projet de loi de finances pour 2026 toujours pas bouclé. En attendant, les collectivités doivent construire leurs budgets à l’aveugle, sur la base d’une loi spéciale qui réduit leurs marges de manœuvre (lisez donc cet article pour mesurer l’impact, dans le secteur de la politique de la ville).  
Un exercice d’autant plus délicat dans un contexte politique inflammable, marqué par la menace d’une censure du gouvernement de Sébastien Lecornu, à laquelle le Premier ministre répond en brandissant selon une information de l'AFP le spectre d’une dissolution, avec un possible alignement des législatives sur les municipales de mars.

Autour de ce budget incertain gravitent des dossiers structurants, souvent annoncés mais encore loin d’être aboutis : un projet de loi sur la décentralisation aux contours encore flous, une allocation sociale unifiée aux effets redoutés pour des départements déjà financièrement exsangues, ou encore une loi-cadre sur les transports, attendue par des territoires confrontés à un mur d'investissements dans les années à venir. Ce dernier texte suscite d’ores et déjà la déception de France urbaine, en raison de l’absence de déplafonnement du versement mobilité pour les autorités organisatrices de la mobilité (AOM).  

À cela devraient s’ajouter des textes sensibles : protection de l’enfance, programmation pluriannuelle de l’énergie, sans oublier l’interdiction du portable au lycée et des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans, qui ulcère déjà les Régions, pas consultées alors qu'elles devront prendre à leur charge certains aménagements et porter le risque juridique en cas de dégradation des appareils.  

Et d’autres davantage consensuels : réforme du droit de la fonction publique fraîchement annoncée, police municipale...

En toile de fond, les inquiétudes européennes demeurent : accord Mercosur, avenir des fonds européens, avec le risque d’une recentralisation de leur gestion accrue et la crainte d’une réduction des politiques de cohésion. Sans oublier, l'inquiétude d'une inflation normative et de surtransposition avec un nouveau projet de loi portant diverses dispositions d’adaptation au droit de l’Union européenne dit DDADUE. 

Comme toujours, les projets de loi devront composer avec une multitude de propositions parlementaires, parfois opportunes, parfois redoutées par les associations d’élus, à commencer par celles inscrites à l’ordre du jour cette semaine (à l’Assemblée nationale iciau Sénat ici).  

Cette densité produira-t-elle de réelles avancées pour les collectivités… ou seulement davantage d’instabilité et de brouhaha législatif ? 

En séance publique 
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Lundi 12 janvier 

A l'Assemblée nationale, suite de la première lecture en procédure accélérée 
de la proposition de loi visant à améliorer l'accès au logement des travailleurs des services publics de David Amiel (Renaissance ; il est depuis devenu le nouveau ministre de la Fonction publique) 

Mardi 13 janvier 

A l'Assemblée nationale, vote solennel sur le projet de loi relatif aux jeux Olympiques et Paralympiques de 2030 

Deuxième lecture du projet de loi de finances pour 2026  

Au Sénat, première lecture de la proposition de la loi visant à conforter l'habitat, l'offre de logements et la construction de Dominique Estrosi Sassone et Mathieu Darnaud (Les Républicains) 

Mercredi 14 janvier 

A l'Assemblée nationale, deuxième lecture du projet de loi de finances pour 2026 et probable examen des deux motions de censure (LFI et RN) contre le gouvernement sur le Mercosur.

Au Sénat, première lecture de la proposition de la loi visant à conforter l'habitat, l'offre de logements et la construction de Dominique Estrosi Sassone et Mathieu Darnaud (Les Républicains) 

Jeudi 15 janvier 

A l'Assemblée nationale, deuxième lecture du projet de loi de finances pour 2026  

Vendredi 16 janvier 

A l'Assemblée nationale, deuxième lecture du projet de loi de finances pour 2026  
La PPL de la semaine 
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Ça avance (ou pas) 
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Alors que la partie 1 du projet de loi de finances pour 2026 a été rejetée en commission vendredi 9 janvier, avec la suppression de la DGF en signe de protestation contre l’année blanche, laissant présager un examen parlementaire aussi chaotique qu’à la fin de l’an dernier, une autre source de tension monte dans les couloirs de Bercy. En cause : le Dilico (dispositif de lissage conjoncturel des recettes fiscales des collectivités territoriales), dont la solidité juridique est désormais sérieusement questionnée depuis que le Sénat a exclu les communes du mécanisme.  

En interne, la crainte est claire : cette évolution ferait peser un risque de rupture d’égalité entre collectivités, susceptible de fragiliser l’ensemble du dispositif. « Oui, cela a de grandes chances de ne plus être constitutionnel », confirme une source gouvernementale à La Gazette, si le PLF reste en l’état. Un risque juridique majeur, pour un arbitrage que certains jugent avant tout opportuniste à quelques mois des sénatoriales.  

Les sénateurs de la majorité s’en défendent toutefois, invoquant la défense des petites communes. « On n’acceptera pas de contribution supplémentaire pour les collectivités locales pour ne pas fragiliser l'investissement local », prévient Bernard Delcros, président (UC) de la délégation aux collectivités territoriales du Sénat. À l’inverse de Philippe Juvin (LR), le rapporteur général du Budget à l’Assemblée qui estime que « l’effort demandé aux collectivités territoriales pourrait constituer une variable d’ajustement », afin de dégager jusqu’à un milliard d’euros de marges de manœuvre.
Le Sénat a rejeté, le 7 janvier, une proposition de loi socialiste visant à accorder aux quelque 132 000 AESH (deuxième corps de métier de l’Education nationale désormais !) un statut de fonctionnaire.  

Soutenu par les syndicats et les parents d’élèves, le texte entendait mieux reconnaître ce métier précaire, essentiel à l’école inclusive.  

Malgré un constat partagé sur les difficultés du secteur, la majorité sénatoriale et le gouvernement ont invoqué des freins opérationnels et financiers, un coût estimé à 4,3 milliards d’euros, pour s’y opposer. Le Club éducation et vie scolaire analyse tout ça en détail ici.

Pour ceux qui ont de la mémoire, le sujet n'est pas tout à fait neuf, puisqu'une PPL aux ambitions quasi identiques avait été déposée à l'Assemblée en novembre 2024 par la députée (LFI) Nadège Abomangoli. Mais elle n'a pas passé le stade de son enregistrement. 
Jeux d’influence
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Boris Ravignon, maire (LR) de Charleville-Mézières (Les Ardennes) et vice-président finances d’Intercommunalités de France, plaide pour relancer ce dispositif historiquement créé par l’Association des maires de France.  

Auteur d’un rapport sur les coûts des normes en 2024, il a défendu, 
lors d'une audition au Sénat le 6 janvier, une démarche volontaire et sécurisée financièrement : « On peut être à la fois un défenseur de la commune et penser que la commune nouvelle est une bonne idée ».  

Il regrette toutefois une frilosité de l’État : « Il existe aujourd’hui une forme de “commune nouvelle honteuse” », faute d’information portée par les préfets. Pour lui, ces regroupements créeraient des communes plus fortes au sein des intercommunalités, « avec plus de représentants et une meilleure capacité à se faire entendre ». 

Quarante ans après la loi Littoral, l’Association nationale des élus des littoraux prépare la suite. L’association d’élus pousse pour que 2026 devienne l’année d’une nouvelle loi Littoral.

« Il faut remettre l’ouvrage sur le métier au Parlement », estime son directeur général, Alain Blanchard, auprès de "La Gazette". On a appris que des travaux vont être lancés en ce sens par l'association d'élus, avec retours de terrain et auditions d’universitaires ; une première note a déjà été publiée en fin d'année dernière concernant l’Outre-mer (nous en parlions ici).  

L'objectif est de faire aboutir ces travaux au congrès de l’ANEL, les 24 et 25 septembre 2026 à Avranches et au Mont-Saint-Michel. 

Il a osé le dire
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Tête d'affiche  
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