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Bonjour et bienvenue dans votre nouveau rendez-vous politique 🤩

Campagne présidentielle oblige, Marianne met sa newsletter au goût du jour. Infos exclusives, points de vue originaux et humour décapant seront au rendez-vous chaque vendredi matin.

Par Maël Jouan, Aurore Malval, Hadrien Mathoux, Louis Nadau et Edouard Roux
 
LES CROCS DE NADAU 🦇
Primaire socialiste : la défaite en chantant
Nous connaissions « qui perd gagne ». Avec la primaire de la « gauche démocrate », le Parti socialiste a inventé « qui gagne perd ». Au fil de trois débats de plus en plus acrimonieux, nous avons eu la confirmation que la question d’une éventuelle alliance avec La France insoumise en vue des prochaines élections législatives était l’épicentre des désaccords entre les deux grandes tendances – on devrait dire « camps » – socialistes. Le différend est insoluble car il est devenu identitaire. On peut en tirer une conclusion politique : peu importe l’identité du grand vainqueur au soir du 17 octobre, celui-ci se trouvera d’emblée dans une impasse stratégique.

Admettons qu’un second tour oppose le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, au fondateur de Place publique, Raphaël Glucksmann : à son issue, ni l’un, ni l’autre ne serait en mesure 1) de rassembler son propre camp 2) d’élargir son espace politique pour espérer l’emporter dans sept mois.

Côté Faure, les territoires laissés libres sur sa gauche par Jean-Luc Mélenchon sont ridiculement étriqués. Au centre, le patron du PS se heurte très vite à une logique de vote utile qu’il ne semble pas en mesure de contrecarrer. Côté Glucksmann, la borne gauche délimite un terrain encore plus étroit, puisqu’elle trace une frontière non pas avec Jean-Luc Mélenchon, mais avec ses alliés éventuels. Pris au piège de son alliance avec le PS, celui qui redoute de se voir accoler l’étiquette de « Macron bis » ne peut cependant assumer ouvertement une stratégie d’alliance avec le centre.

Le seul moyen de dynamiter ces carcans aurait été de s’appuyer sur la légitimité populaire conférée par une primaire ouverte réunissant plusieurs millions de votants. Les adhérents socialistes en ont décidé autrement, sans prendre en compte le statut véritable de leur parti : celui d’un nain politique. Cette relégation, qui rend le PS vulnérable à toutes les forces centrifuges induites par la polarisation extrême du champ politique, a une cause fondamentale : l’incapacité chronique à bâtir une offre idéologique forte. Après des années de gestion boutiquière, toutes tendances confondues, voici venue l’heure des comptes. Et du dépôt de bilan ?
 
 
 
 
C'EST DU OFF 🤫🤭🤯
Jublin a du pif
Le dandy de la politicaillerie se diversifie. Louis Jublin, ancien conseiller presse de Gabriel Attal à Matignon ayant avoué avoir pris de la cocaïne à s’en faire « péter la couscoussière » dans Vanity Fair, peut compter sur une nouvelle clientèle. Après avoir conseillé Hélène Mercier-Arnault, pianiste et femme de l’homme le plus riche d’Europe, le voilà qui fait la retape du petit-neveu de François Mitterrand et directeur général du promoteur immobilier Bassac : Moïse Mitterrand.

En témoigne un petit-déjeuner qu’il organise avec des journalistes pour leur vendre son nouvel élu. Ce dernier aurait même rencontré le président ultralibéral argentin, Javier Milei, lors de son passage à Paris, la classe ! Derrière cette sauterie de bon matin, une tentative de placer un énième cheval dans le jeu politique et, pour Louis Jublin, de revenir sur le devant de la scène. Que pense Gabriel Attal de cette reconversion ?
 
LE DESSIN
 
 
 
 
Le Portrait Chinois 🎨
Si Marine Le Pen était...

• Un personnage de BD : Bonemine

• Un pays (sauf la France) : la Ru… l’All… l’Aut… L’Italie

• Un dessert : le pain perdu (prévoir le pain rassi)

• Un outil : le râteau

• Une chanson : Ma petite entreprise, d’Alain Bashung

• Un animal : le serval

• Une fleur : la Dionée attrape-mouche

• Un livre : Le Procès, de Franz Kafka

• Un alcool : la Suze

• Un film : Les Choristes (le préféré de Bardella)

• Un sport : le saut en hauteur – gare au plafond de verre

• Une couleur : le mauve (de l'aube... ou du crépuscule)

• Un événement historique : le Débarquement
 
LE CONTRE-KEMS ♠️
Quand Elwan rencontre Louise

Mercredi soir s’affrontaient sur le plateau de David Pujadas, sur LCI, les deux jeunes prodiges du moment (comprendre des dernières 72 heures sur les rĂ©seaux sociaux). Ă€ ma gauche, Elwan, 16 ans, lycĂ©en parisien du 9e arrondissement, devenu visage de la contestation après son Ă©change avec le youtubeur d’extrĂŞme droite Vincent Lapierre – lequel Ă©tait restĂ© coi – et son bisou sur la joue de Jean-Luc MĂ©lenchon le lendemain. 

Ă€ ma droite, Louise Montangon, 22 ans, membre de l’Uni, le droitier syndicat Ă©tudiant, mais Ă©galement candidate sur la liste du Rassemblement national aux municipales Ă  Bordeaux, oĂą elle Ă©tudie. DĂ©jĂ  vue Ă  l’antenne de CNews, elle s’est cependant fait connaĂ®tre en coupant la chique Ă  Gabriel Attal, effaçant son petit sourire en coin – c’était la veille sur le plateau de LCI. Les prĂ©sentations faites, chaque camp pouvait dès lors soutenir son champion en isolant les passages choisis et commentĂ©s avec un lexique de Tiktoker : pour les uns, Louise « Ă©teint » ou « fracasse » son jeune adversaire ; pour les autres, Elwan est « trop boostĂ© » et « dĂ©truit » sa challengeuse. 

Les observateurs honnĂŞtes que nous sommes retiendrons chez Louise l’usage un peu trop facile de la rhĂ©torique « t’es de gauche et t’as un iPhone » – en l’espèce  : « Tu dis avoir trop chaud dans les salles de classe mais le parti que tu soutiens est contre la clim’ ! » – et chez Elwan une malheureuse sortie face Ă  une femme noire habitante de Marseille, dont il a trop vite prĂ©sumĂ© qu’elle vivait dans un « quartier très peu facile » « - Parce que je suis noire ? », se voit-il opposer avant de se confondre dans d’interminables dĂ©nĂ©gations, sentant dĂ©jĂ  venir le bad buzz. Sa prestation mĂ©ritait-elle cependant les torrents d’insultes dĂ©versĂ©es par des twittos qui ont trois fois son âge ? Comme aime Ă  le rĂ©pĂ©ter Cyril Hanouna, qui a dĂ©jĂ  proposĂ© un fauteuil sur son plateau Ă  la jeune Louise : « La tĂ©lĂ©, c'est que de la tĂ©lĂ© ! »

Hier, notre collègue a passé sa journée avec des lycéens privilégiés du privé qui ont rejoint la mobiliser. Pour lire son reportage à leurs côtés, c'est par là !

 
 
 
 
VU DE L'ÉTRANGER 🌎
En Israël, Jordan Bardella esquive la polémique

En France, les manifestations dans les lycĂ©es ont quelque peu Ă©clipsĂ© « l'affaire Bardella », depuis que Mediapart a rĂ©vĂ©lĂ© des Ă©crits antisĂ©mites (dont le prĂ©sident du RN nie ĂŞtre l'auteur) datant de la jeunesse de celui que Marine Le Pen a dĂ©signĂ© comme son futur Premier ministre. En IsraĂ«l, oĂą l'on commĂ©more les trois ans de l'attaque perpĂ©trĂ©e par le Hamas, ce sont les importantissimes Ă©lections lĂ©gislatives du 27 octobre qui saturent l'actualitĂ©. Aussi, la majeure partie des mĂ©dias de l'État hĂ©breu ont pris le parti de traiter de manière plutĂ´t sobre la polĂ©mique. 
 
Avec tout, de mĂŞme, quelques enseignements Ă  tirer. Ce qui a plutĂ´t fait rĂ©agir en IsraĂ«l est le soutien appuyĂ© d'Amichai Chikli, ministre des Affaires de la Diaspora du gouvernement Netanyahou depuis 2022, qui a publiquement pris la dĂ©fense de Bardella, considĂ©rĂ© comme « l'une des voix les plus claires en Europe contre le Hamas ». 

Les journaux de la gauche israélienne, à l'instar de la référence Haaretz, critiquent la démarche des dirigeants du Likoud, prêts à s'allier avec les membres d'un parti à l'histoire antisémite tant que ces derniers soutiennent la politique de Netanyahou à Gaza et en Cisjordanie. À droite, net changement de ton : Arutz Sheva, réseau de médias lié au mouvement des colons israéliens, n'hésite pas à se demander s'il s'agit d'une « tentative de sabotage politique ». Dans le Times of Israel, un ancien ambassadeur interrogé en « off » livre peut-être l'analyse la plus froide, en expliquant que l'État hébreu peut difficilement se permettre de dénoncer le potentiel chef du gouvernement de la France en 2027.

Sur ce sujet, vous pourrez lire dans Marianne cette semaine et en ligne sur notre site notre enquête sur plusieurs tweets de Jordan Bardella reprenant une expression fétiche de l’idéologue d’extrême droite Alain Soral, entre 2014 et 2018.

 
L'INGÉROSCOPE 🕵
Happy birthday, tovaritch président !
Et la chapka d’or est décernée à… L’Infiltré ! Le « Canard enchaîné de droite », dirigé par l’inénarrable Erik Tegner n’a rien trouvé de mieux ce 7 octobre que de souffler les 74 bougies… de Vladimir Poutine. Cette délicate attention des fins limiers de la droite radicale envers l’autocrate russe n’affole évidemment personne au sein du groupe Bolloré. Des pravdas poutiniennes que sont le JDD et le JDNews à la présence sur CNews de l’ex-patronne de Russia Today France, Xenia Fedorova – très proche de Vincent Bolloré –, c’est tout un écosystème qui s’est mis au diapason.

Cette russophilie a tout de même contraint le ministère de l’Intérieur à menacer la chaîne de sanctions si Fedorova restait à l’antenne. Résultat : les journalistes maison pleurent leur égérie, laissant sa chaise vide en studio et la défendant dans leurs éditos. Les anciens rédacteurs et intervenants d’Europe 1, virés sur ordre de Xenia Fedorova pour avoir critiqué l’attitude de la Russie, apprécieront cette belle solidarité.
 
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