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Bonjour et bienvenue dans votre nouveau rendez-vous politique đŸ€©

Campagne présidentielle oblige, Marianne met sa newsletter au goût du jour. Infos exclusives, points de vue originaux et humour décapant seront au rendez-vous chaque vendredi matin.

Par Maël Jouan, Aurore Malval, Hadrien Mathoux, Louis Nadau et Edouard Roux
 
C'EST DU OFF đŸ€«đŸ€­đŸ€Ż
... Il faut choisir
Il ne pouvait dĂ©cemment pas lancer l'opĂ©ration « 1 000 bistrots » ET prendre le volant. Avec l’élection prĂ©sidentielle arrive une nouvelle cuvĂ©e d’émissions politiques, dont « Route nationale », sur TF1. Le concept ? La journaliste Anne-Claire Coudray part en « road trip »  avec un candidat Ă  la rencontre des Français. Or, un dĂ©tail n’est pas passĂ© inaperçu Ă  propos de l'invitĂ© de la deuxiĂšme Ă©mission, Gabriel Attal : dans la voiture, c’est Anne-Claire Coudray qui tient le cerceau. « Gabriel n’a pas le permis, c’est pour cela qu’il est Ă  la place du mort
 », glisse un proche de l’ex-Premier ministre. Une autre le dĂ©fend : « C’est des conneries. Édouard [Philippe] a sĂ»rement empĂȘchĂ© Coudray de conduire ! Ça lui ressemblerait tellement ! » L’équipe du trentenaire n’a pas rĂ©pondu Ă  nos sollicitations. C’est que l’anecdote renforcerait encore l’image d’un candidat dĂ©jĂ  associĂ© Ă  l’École alsacienne et aux arrondissements Ă  un chiffre de la capitale. Sur la route, le candidat et la journaliste sont partis de Vanves jusqu’à Saclay, en passant par Grigny. HĂ©las, la ligne 10 du mĂ©tro parisien ne passe pas par là

 
 
Musulmans, Insoumis, jeunes... Si Le Pen est élue, ils veulent quitter la France
Une vaste étude de l'Ifop pour Marianne cerne les enjeux de laïcité et de discriminations, notamment en cas de victoire du RN à la présidentielle.

LA SUITE SUR MARIANNE.NET

 
 
Au Sénat, l'ego de Malhuret fait (encore) jaser
Sous les ors de la Chambre haute, certains n’ont toujours pas digĂ©rĂ© que le psychodrame au sein du groupe des IndĂ©pendants (LIRT) ait permis au Rassemblement national d’obtenir une vice-prĂ©sidence - certes tournante. Trois groupes totalisant le mĂȘme nombre de siĂšges (15 pour les IndĂ©pendants, les Écologistes et pour le RN-UDR), l’idĂ©e d’alterner la huitiĂšme vice-prĂ©sidence a Ă©tĂ© adoptĂ©e par le bureau la semaine derniĂšre, Ă  raison d'un an chacun. La conclusion d’un Ă©pisode mouvementĂ©, entre tentative de putsch et menaces de scission, le tout dirigĂ© contre le prĂ©sident des IndĂ©pendants Claude Malhuret, sĂ©nateur de l’Allier et fidĂšle d’Édouard Philippe.

Une partie de ses troupes lui reproche un fonctionnement trĂšs autoritaire et un manque de travail au service du groupe. « Il ne s’investit pas, il veut juste une tribune pour continuer ses diatribes », tacle un sĂ©nateur. Louis Vogel, Ă©lu en Seine-et-Marne, se serait bien vu reprendre le flambeau. Las, sa fronde a fait long feu. RĂ©sultat : un dĂ©part fracassant suivi de 4 autres, qui ont rĂ©trĂ©ci le groupe de 20 Ă  15. « C’est dommage parce que ce n’est absolument pas politique, c’est juste une question d’égo », peste un autre sĂ©nateur. Les deux vont souvent ensemble.
 
LA GRIFFE DE MATHOUX đŸŸ
Économie : les recettes dĂ©modĂ©es du candidat MĂ©lenchon
(Isa Harsin/Sipa)
« Notre programme, c'est l'Ă©quivalent de celui de Mitterrand en 1981 » : l'argument est frĂ©quemment brandi par les insoumis pour dissiper les peurs autour de leur supposĂ©e radicalitĂ© Ă©conomique. Mais il est dommage que, prĂšs d'un demi-siĂšcle aprĂšs l'accession de la gauche socialiste au pouvoir, Jean-Luc MĂ©lenchon n'ait visiblement pas tirĂ© les leçons de ce qui a contraint Mitterrand Ă  dĂ©cider du tournant de la rigueur quelques mois aprĂšs son arrivĂ©e Ă  l'ÉlysĂ©e.

TĂ©moin de la prĂ©occupante aporie insoumise, la grande confĂ©rence de prĂ©sentation du contre-projet budgĂ©taire organisĂ©e par les insoumis ce mercredi 14 octobre. Les recettes du candidat MĂ©lenchon ne sont pas celles d'un dangereux bolchevique au couteau entre les dents, comme le prĂ©tendent certains agitĂ©s du bocal nĂ©olibĂ©ral, mais relĂšvent du keynĂ©sianisme le plus traditionnel : la relance par la consommation, Ă  grands coups de dĂ©penses publiques (plus de 80 milliards supplĂ©mentaires), d'investissements dans les infrastructures, d'augmentation de la rĂ©munĂ©ration des fonctionnaires et de distribution de chĂšques censĂ©s stimuler l'activitĂ© Ă©conomique en soutenant le pouvoir d'achat des mĂ©nages, comme ce revenu d'autonomie de 1 331 euros attribuĂ© aux jeunes. 

Le problĂšme ? La France n'est pas une Ăźle, mais une Ă©conomie ouverte, qui produit de moins en moins les biens que sa population consomme. Comme en 1981, il est donc plus que probable que l'argent distribuĂ© par l'État aux Français soit dĂ©pensĂ© en achats de produits Ă©trangers. À la clĂ©, non pas un cercle vertueux de croissance et de rĂ©tablissement des comptes, mais une forte inflation, une dĂ©gradation de la balance commerciale et du dĂ©ficit public dĂ©jĂ  dans un sale Ă©tat, et, Ă  l'arrivĂ©e, une aggravation du dĂ©clin du pays. Ce n'est pas toujours dans les vieux pots qu'on fait la meilleure soupe, et il faudra Ă  Jean-Luc MĂ©lenchon montrer autre chose que des recettes ayant fait la preuve de leur inefficacitĂ© pour convaincre qu'il peut gouverner le pays.
 
Le Portrait Chinois 🎹
Si Raphaël Glucksmann était...

‱          Un personnage de BD : Tintin

‱          Un pays (sauf la France) : l’Ukraine (ou la GĂ©orgie)

‱          Un dessert : le quatre-quarts

‱          Un jeu : Risk

‱          Une chanson : Je ne suis pas un hĂ©ros - Daniel Balavoine

‱          Un animal : la girafe (dĂ©gingandĂ©e, regard braquĂ© sur l’horizon)

‱          Une fleur : la pivoine - de loin, on peut la confondre avec une rose

‱          Un livre : Les Racines du ciel - Romain Gary

‱          Un alcool : la grenadine

‱          Un film : L’Auberge espagnole

‱          Un sport : le volley

‱          Une couleur : le jaune

‱          Un Ă©vĂ©nement historique : le traitĂ© de Maastricht
 
LE DESSIN
 
 
 
 
LE CHIFFRE QUI CHIFFONNE 🔱
32 %
Cette « petite bombe » changera-t-elle la teneur des dĂ©bats prĂ©sidentiels ? On peut l’espĂ©rer
 mais aussi en douter, compte tenu du poids Ă©lectoral des retraitĂ©s : cette semaine, Bercy confirmait un calcul rĂ©cemment Ă©tabli par Marianne, en rĂ©vĂ©lant la part du budget des ministĂšres consacrĂ©s aux pensions de retraite. On apprend ainsi que l’Éducation nationale consacre 32 % de son budget aux retraites, tandis que l’IntĂ©rieur alloue 30 % de ses moyens aux pensions. Au total, l’État consacre 50 milliards d’euros par an aux retraites, sans que ces dĂ©penses ne soient comptabilisĂ©es comme telles. Cette dĂ©pense fantĂŽme est allĂ©e croissante ces vingt derniĂšres annĂ©es, accrĂ©ditant l’idĂ©e que les services publics dĂ©pensaient toujours plus pour toujours moins de rĂ©sultats. Comme le montrait Marianne, une fois cette obole acquittĂ©e, les moyens rĂ©els des grands services publics ont baissĂ© de 12,5 % en vingt ans. Une conclusion s’impose : le dĂ©bat public autour des dĂ©penses de la France est posĂ© sur une base erronĂ©e depuis des annĂ©es.
 
L'AVIS OSÉ đŸ˜±
Attal est incapable de menacer Glucksmann (selon Louis Nadau)

Partant du principe que Gabriel Attal est la gauche de la droite et RaphaĂ«l Glucksmann la droite de la gauche, on a tendance Ă  considĂ©rer, peut-ĂȘtre un peu vite, que l’électorat de l’un et de l’autre sont fortement permĂ©ables. Les sondages publiĂ©s cette semaine par Odoxa et l’Ifop suggĂšrent le contraire. Peu importe que ces enquĂȘtes aient Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©es avant ou aprĂšs la dĂ©signation de RaphaĂ«l Glucksmann comme candidat « officiel », elles le crĂ©ditent chacune de meilleures performances dans l’hypothĂšse oĂč Gabriel Attal serait le candidat du bloc central au lieu d’Édouard Philippe. Glucksmann fait 1 point de mieux dans le scĂ©nario Attal chez Odoxa, et 2,5 points de mieux dans la mĂȘme configuration lorsqu’il est testĂ© par l’Ifop aprĂšs sa victoire Ă  la primaire. Constat cruel pour l’inventeur de l’opĂ©ration « mille bistrots » : quand les trois candidats sont testĂ©s ensemble, c’est Attal qui dĂ©gringole (5 %).

De lĂ , on peut tirer deux hypothĂšses :

1) Édouard Philippe est mieux identifiĂ© comme candidat du « vote utile » que Gabriel Attal ;

2) Gabriel Attal ne menace pas l’hĂ©gĂ©monie de RaphaĂ«l Glucksmann sur l’espace social-dĂ©mocrate.

Pourquoi ? AssociĂ© Ă  « l’aile gauche » de la macronie en raison de ses positions progressistes, Gabriel Attal donne en rĂ©alitĂ© trĂšs peu de gages idĂ©ologiques Ă  la gauche elle-mĂȘme, notamment en matiĂšre de justice sociale : sa parole sur l’éducation, thĂšme sur lequel il se montre le plus proche des aspirations de la gauche, est dĂ©monĂ©tisĂ©e par son expĂ©rience de ministre. Surtout, il semble bien plus associĂ© au macronisme qu’Édouard Philippe, lequel est Ă©loignĂ© du pouvoir depuis plus longtemps, et bĂ©nĂ©ficie d’un ancrage local contrastant avec l’image trĂšs parisienne de Gabriel Attal. Enfin, l’ancien Premier ministre a fait le pari de mobiliser son camp en se posant comme meilleur rempart contre l’accession de Jean-Luc MĂ©lenchon au second tour : quelle perspective lui reste-t-il, maintenant que le candidat socialiste a Ă©tĂ© dĂ©signĂ© sur cette base ?

 
 
 
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