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Bonjour et bienvenue dans votre nouveau rendez-vous politique đŸ€©

Campagne présidentielle oblige, Marianne met sa newsletter au goût du jour. Infos exclusives, points de vue originaux et humour décapant seront au rendez-vous chaque vendredi matin.

Par Maël Jouan, Aurore Malval, Hadrien Mathoux, Louis Nadau et Edouard Roux
 
C'EST DU OFF đŸ€«đŸ€­đŸ€Ż
Commission d'enquĂȘte post-Ă©meutes : le RN voit rouge
Le 17 octobre fait une nouvelle victime collatĂ©rale : le RN, en la personne de MichaĂ«l Taverne. L’ancien policier, dĂ©putĂ© du Nord, s’attendait Ă  figurer parmi les rapporteurs de ladite commission chargĂ©e de se pencher sur les violences en marge des manifestations des 17 et 18 octobre. Mardi au matin, un accord avait Ă©tĂ© trouvĂ© en confĂ©rence des prĂ©sidents, Vincent Caure (Renaissance) suggĂ©rant un trio de rapporteurs comprenant un membre de chaque grand courant politique de l'AssemblĂ©e (gauche, bloc central, alliance RN/UDR), par souci de pluralisme. 

Las, l’aprĂšs-midi, la commission a bien dĂ©signĂ© ses trois co-rapporteurs mais point d’élu du Rassemblement National, puisqu’il s’agit d’AgnĂšs Firmin Le Bodo (Horizons), Roger Vicot (PS) et Pouria Amirshahi (groupe Écologiste et Social). Le vote a eu lieu Ă  bulletins secrets, mais MichaĂ«l Taverne sait qui blĂąmer : les « macronistes, qui ont choisi de la jouer autrement et de voter blanc », s’étrangle le dĂ©putĂ©. « Ce ne sera pas une commission d’enquĂȘte, mais un procĂšs contre les forces de l’ordre avec deux dĂ©putĂ©s qui leur sont trĂšs hostiles alors que nous aurions orientĂ© nos auditions sur des experts en sĂ©curitĂ© », poursuit le dĂ©putĂ© du Nord qui y voit une manƓuvre du pouvoir, refusant de se confronter Ă  ses propres manques, quitte Ă  jeter sa police sous le bus (de gauche). Marine Le Pen a d’ores et dĂ©jĂ  annoncĂ© que son groupe boycotterait la commission parlementaire.
 
 
 
 
LE CONTRE-KEMS  â™ ïž

Faure-Glucksmann, de la friture sur la ligne
InterrogĂ© ce jeudi matin par Hadrien Bect sur Franceinfo, qui lui demandait si la place du Premier secrĂ©taire du PS Ă©tait Ă  OrlĂ©ans (pour manifester contre le RN qui y tient meeting), aux cĂŽtĂ©s d’un Bally Bagayoko qui rĂ©sumait la primaire de la gauche « sociale-dĂ©mocrate » Ă  celle de la « gauche caviar » et qualifiait RaphaĂ«l Glucksmann aprĂšs sa victoire de « nouveau Macron », Olivier Faure a doctement rĂ©pliquĂ© : « La gauche a toujours Ă©tĂ© diverse. Je le dis Ă  Bally Bagayoko, comme je le dis Ă  Jean-Luc MĂ©lenchon, comme je le dis Ă  RaphaĂ«l Glucksmann, [
], Ă  force d’avoir des gens de gauche qui finissent par considĂ©rer que le dĂ©bat est entre la gauche et la gauche, eh bien on ouvre directement les portes de l’ElysĂ©e Ă  Marine Le Pen et aux siens. »

Le candidat Place publique, qui criait victoire sur toute (s)a ligne – Ă  savoir plus jamais d’alliance avec la France insoumise – apprĂ©ciera. Et ce n'est pas fini. À la question de savoir si des alliances avec LFI Ă©taient possibles aux Ă©lections lĂ©gislatives, le premier des socialistes s’est montrĂ© peu enclin Ă  suivre la consigne du candidat adoubĂ© par sa famille politique : « Nous verrons aux Ă©lections lĂ©gislatives ce qu’il se passera, mais ne faites pas comme s’il n’y avait pas de combat commun entre la gauche et la gauche. À l’AssemblĂ©e, sur le budget nous dĂ©fendons des positions communes. » RaphaĂ«l Glucksmann n’y siĂšge pas, ça doit ĂȘtre pour ça.
 
LA GRIFFE DE MATHOUX đŸŸ
Non, les pillards du 17 octobre ne sont pas les nouveaux révolutionnaires !
(Jeanne Accorsini/Sipa)
Le contre-rĂ©cit n'a mis que quelques jours, aprĂšs le choc provoquĂ© par les destructions et les pillages du 17 octobre, Ă  s'imposer. Le petit monde de la sociologie gauchisante, des influenceurs progressistes et des intellos tendance radical-chic a sonnĂ© le tocsin, et proposĂ© une lecture alternative des faits : la RĂ©publique, aprĂšs tout, ne s'est-elle pas bĂątie sur des soulĂšvements populaires violents ? Les pillards ne seraient-ils pas, au fond, les troupes auxiliaires de l'insurrection qui vient ? 

MĂ©lange de « gauchisme culturel » cher Ă  Jean-Pierre Le Goff, de relativisme Ă  tous crins, de goĂ»t de la distinction mais surtout de profonde mĂ©connaissance de l'histoire, cette posture constitue en rĂ©alitĂ© une erreur de comprĂ©hension monumentale. DĂšs 1789, comme l'enseigne l'historien Jacques Godechot dans La Prise de la Bastille, les insurgĂ©s parisiens crĂ©ent des milices pour s'organiser face Ă  ceux qui seraient tentĂ©s de piller les biens. MĂȘme combat en 1830 : l'historien socialiste Louis Blanc, dans son Histoire de dix ans raconte que lors des Ă©vĂ©nements de juillet, les propriĂ©tĂ©s « ne coururent (...) pas le moindre risque », grĂące Ă  la surveillance organisĂ©e par les insurgĂ©s qui
 fusillaient les voleurs d'objets de valeur. 

Quant Ă  Karl Marx et Friedrich Engels, ils se montrent eux aussi on ne peut plus clairs, en Ă©voquant le « lumpenproletariat — cette lie d'individus dĂ©chus de toutes les classes qui a son quartier gĂ©nĂ©ral dans les grandes villes ». Les pĂšres intellectuels du communisme expliquent que « tout chef ouvrier qui emploie cette racaille comme garde ou s'appuie sur elle, dĂ©montre par lĂ  qu'il n'est qu'un traĂźtre au mouvement ». Une leçon Ă  mĂ©diter pour tous ceux qui, Ă  gauche, croient se tenir aux cĂŽtĂ©s du peuple en lĂ©gitimant les actes des dĂ©linquants qui pillent les commerces, volent les travailleurs et dĂ©gradent le bien public. 
 
Le Portrait Chinois 🎹
Si David Lisnard était...

‱ Un personnage de BD : Largo Winch

‱ Un pays : l’Argentine (ou Monaco)

‱ Un dessert : une chouquette

‱ Un jeu : Hîtels

‱ Une chanson : L'Aventurier

‱ Un animal : le lynx

‱ Un outil : un sĂ©cateur

‱ Un livre : L'Homme, l'Économie et l’État de Murray Rothbard

‱ Un alcool : le Martini

‱ Un film : Plein soleil, de RenĂ© ClĂ©ment.

‱ Un sport : le triple saut

‱ Une couleur : Azur (comme la cîte)

‱ Un Ă©vĂ©nement historique : il n’était pas nĂ©
 
 
 
 
LE DESSIN
 
VU DE L'ÉTRANGER 🌎
Quand le plus vieux journal britannique nous ridiculise
Le plus ancien magazine en langue anglaise, The Spectator, connu pour avoir vu passer de nombreux politiques conservateurs Ă  sa tĂȘte (Iain MacLeod, Nigel Lawson, Boris Johnson, Michael Gove), vient de publier son dossier de la semaine. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’y va pas avec le dos de la cuillĂšre ! En illustration, une version moderne du « Bonaparte franchissant le Grand-Saint-Bernard », de Jacques-Louis David ; le vĂ©lib’ a remplacĂ© le cheval, NapolĂ©on est troquĂ© pour un Français reprĂ©sentĂ© avec un keffieh, un bĂ©ret, devant un drapeau en feu. Le titre : « Revolting France », un jeu de mots on ne peut plus british qui se traduit par « La France rĂ©voltante ». Le papier d’ouverture commence par ces mots : « Ce qu’il y a d’incroyable avec les vĂ©los Ă©lectriques, si vous affrontez les CRS, c’est la maniĂšre dont ils brĂ»lent », avant de fustiger le comportement des Ă©meutiers.

Un long article qui met aussi en garde sur la situation catastrophique de la France et son glissement vers les partis extrĂȘmes. L’hebdomadaire mitraille tous azimuts. PĂȘle-mĂȘle, quelques titres d’articles : « Lola-Fleur et la longue tradition des poupĂ©es radicales », « Sommes-nous surpris que la France soit tombĂ©e dans le nihilisme ? » ; « La France est un avertissement : notre civilisation n’est pas immortelle » ; « Les rĂ©voltes lycĂ©ennes ont Ă©tĂ© prises en otage » Si mĂȘme les Anglais se mettent Ă  se ficher de nous, c’est qu’il y a un (trĂšs) gros problĂšme !
 
 
 
 
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