| Bonjour et bienvenue dans votre nouveau rendez-vous politique đ€© Campagne prĂ©sidentielle oblige, Marianne met sa newsletter au goĂ»t du jour. Infos exclusives, points de vue originaux et humour dĂ©capant seront au rendez-vous chaque vendredi matin.
| | | Par MaĂ«l Jouan, Aurore Malval, Hadrien Mathoux, Louis Nadau et Edouard Roux | | | LA COURSE DE PETITS CHEVAUX đŽ | | Lisnard vs Retailleau, la bataille Ă droite | | Ă l'ombre de Marine Le Pen, qui prĂ©pare dĂ©jĂ sa campagne de second tour puisqu'elle caracole Ă plus de 30% dans les sondages d'opinion, encore loin derriĂšre Jean-Luc MĂ©lenchon, qui espĂšre plier le match Ă gauche, mais de plus en plus proche d'un bloc central en pleine capitolade, se joue un drĂŽle de match Ă droite : Bruno Retailleau contre David Lisnard. Le VendĂ©en et le maire de Cannes veulent tous les deux rĂ©duire drastiquement les dĂ©penses publiques, ils s'accordent pour organiser un rĂ©fĂ©rendum sur l'immigration et ont longtemps fait parti du mĂȘme parti, LR, que le premier prĂ©side tandis que le second l'a quittĂ© pour fonder sa propre boutique, Nouvelle Ănergie. Mais derriĂšre cette proximitĂ© idĂ©ologique, et une bonne entente personnelle, se profile une diffĂ©rence de style radicale : Ă Retailleau le conservatisme tranquille de la bourgeoisie traditionnelle et l'expĂ©rience du gouvernement, un an et 21 jours place Beauvau ; Ă Lisnard, la fougue de l'entrepreneur libĂ©ral et la fraĂźcheur de l'homme nouveau. Trois quarts des Français affirment aujourd'hui le connaĂźtre, c'Ă©tait seulement un tiers avant l'Ă©tĂ©. Un souffle semble porter le fringant quinquagĂ©naire, qui est parvenu, Ă la surprise gĂ©nĂ©rale, Ă doubler Bruno Retailleau dans certains sondages. Les deux hommes Ă©margent entre 6,5 et 9% des intentions de vote, et ne se prĂ©senteront pas l'un contre l'autre au premier tour, assure Robert MĂ©nard, qui les a rĂ©unis autour d'un dĂ©jeuner le 21 octobre Ă Paris. Reste Ă savoir lequel finira par se ranger au service du mieux placĂ©, et quand.
đ Lire aussi notre portrait crashĂ© de David Lisnard. | ![]() | | L'INFO PASSĂE INAPERĂUE Autonomie de la Corse ? On verra plus tard
| « Nous nous retirons du processus de Beauvau ». Câest en ces mots que les autonomistes corses, menĂ©s tambour battant par le maire de Bastia, Gilles Simeoni, ont dĂ©cidĂ© de quitter le SĂ©nat, et donc les nĂ©gociations sur le texte de loi relatif Ă lâautonomie de la Corse. Un texte bancal, selon le Conseil dâEtat, notamment sur le terme de « communautĂ© », mais aussi le « statut de rĂ©sident », qui a toutefois reçu lâapprobation de lâAssemblĂ©e nationale. Lors des micros tendus, Gilles Simeoni et ses amis autonomisto-indĂ©pendantistes nâont pas cachĂ© leur amertume face aux sĂ©nateurs de droite, Ă lâinstar de Francis Szpiner qui a dĂ©fendu le centralisme français et expliquĂ© que le terme de « communautĂ© » constituerait, de fait, une introduction du communautarisme. Les Ă©lus locaux de droite en ont aussi pris pour leur grade, eux qui se battent contre cette « autonomisme » aux accents indĂ©pendantistes. Sur les rĂ©seaux sociaux, il nâest pas rare de lire des tombereaux de haine contre ces Ă©lus corses, assimilĂ©s Ă des collabos, tandis que ceux « du continent » sont dĂ©peints en « colons » ; certains internautes appellent aussi à « mettre le feu ». Une bien belle image que celle renvoyĂ©e par les autonomistes. AprĂšs cette dĂ©faite cinglante, voilĂ quâils veulent un rĂ©fĂ©rendum sur l'Ăźle : chiche...si cela se dĂ©roule dĂ©mocratiquement ! đ Lire aussi notre grande enquĂȘte sur Gilles Simeoni, cet ami Corse de la France qui lui veut du mal | ![]() | | | LE CHIFFRE QUI (LE) CHIFFONNE : 4 | | Glucksmann, non-idole des jeunes | | (Claire SERIE/HansLucas via AFP) | Câest le pourcentage dâintentions de vote chez les 18-24 ans en faveur de RaphaĂ«l Glucksmann selon un sondage Ifop-Cevipof pour Le Monde en septembre dernier. Dans cette mĂȘme Ă©tude, Jean-Luc MĂ©lenchon est crĂ©ditĂ© de 42 %. Une dĂ©gringolade pour le fondateur de Place publique, lequel fut un temps trĂšs populaire chez les jeunes, notamment sur Instagram oĂč ses stories alertant sur le gĂ©nocide chinois des OuĂŻghours rencontraient un grand succĂšs. Las, ceux qui partageaient hier, ricanent aujourdâhui. Alors sur RTL, lundi 26 octobre, le vainqueur de la primaire PS-Place Publique a jugĂ© quâil y avait « un enjeu de radicalitĂ© » et quâil fallait que « la sociale-dĂ©mocratie sorte de sa mollesse » â ainsi a-t-il Ă©tĂ© dĂ©cidĂ© dâannoncer la proposition de rĂ©gularisation de 300 000 travailleurs sans papiers. ProblĂšme, La France insoumise sâest dĂ©jĂ positionnĂ©e â et depuis longtemps â sur toutes les thĂ©matiques qui mobilisent largement la jeunesse de gauche, des inĂ©galitĂ©s sociales, raciales et de genre, Ă la crise climatique, en passant par la situation Ă Gaza que RaphaĂ«l Glucksmann refuse de qualifier de « gĂ©nocide ». Un retard difficile Ă rattraper, dâautant que le candidat soc'-dem' sâest tenu Ă©loignĂ© du mouvement lycĂ©en (considĂ©rant que sa place nâĂ©tait pas dans la rue) tout comme de la mobilisation sociale. Un choix en partie contraint : chaque sortie « sur le terrain » de RaphaĂ«l Glucksmann fait lâobjet de rĂ©actions hostiles, quâil attribue essentiellement à « une campagne de harcĂšlement orchestrĂ©e par la France insoumise ». Pour le candidat PS-Place publique, taper matin, midi et soir sur LFI comporte Ă la fois un risque et un avantage. Le premier Ă©tant que le programme de la gauche sociale dĂ©mocrate ne se rĂ©sume Ă son opposition frontale Ă LFI ; le second, quâil ouvre son espace politique au centre, oĂč le rejet des insoumis est viscĂ©ral. Mais nâest-il pas encore un peu tĂŽt pour se tourner vers sa droite ? | | Si Gabriel Attal Ă©tait... âą Un personnage de BD : le Petit Nicolas âą Un pays (sauf la France) : le Liechtenstein âą Un dessert : un mochi âą Un jeu : le Monopoly âą Une chanson : Si jâavais un marteau âą Un animal : le castor (du premier tour) âą Un fleuve : le fleuve âdĂ©mocratiqueâ (de François Bayrou) (qui coule entre LFI et le RN) âą Un livre : Lâhomme pressĂ© âą Un alcool : le Coca cola âą Un film : Chacun cherche son chat âą Un sport : le triple saut (en arriĂšre dans les sondages) âą Une couleur : le bleu (UMP) âą Un Ă©vĂ©nement historique : On a marchĂ© sur la lune | | | IL AURAIT MIEUX FAIT DE SE TAIRE đ€« | | Attal redouble sa primaire | Lâancien Premier ministre, aujourdâhui candidat Ă la prĂ©sidentielle, Gabriel Attal, a eu la riche idĂ©e de proposer une « primaire dĂ©mocratique », allant de RaphaĂ«l Glucksmann Ă Bruno Retailleau, en passant par Ădouard Philippe. Ă la peine dans les sondages, en dĂ©gringolade dans les enquĂȘtes dâopinion, le trentenaire mise tout sur le « bloc central », le seul capable de « faire barrage » Ă Marine Le Pen et dâendiguer la dynamique insoumise. Une vieille rengaine qui nâest pas du goĂ»t de la droite, qui plus est lorsque le nom de RaphaĂ«l Glucksmann est annoncĂ© dans la liste des candidats de cette « primaire dĂ©mocratique ». Sur le plateau de BFM, lâancien dĂ©putĂ© Patrick Vignal, aujourdâhui conseiller de la campagne de Gabriel Attal, a dĂ©fendu ce projet, face au vice-prĂ©sident LR, Julien Aubert. « Si câest Bruno Retailleau qui gagne, je vous assure que jâirai coller des affiches pour lui ! », sâest-il notamment exclamĂ©. RĂ©ponse dâAubert : jamais il ne collera la moindre affiche pour RaphaĂ«l Glucksmann, ou pour un autre candidat qui nâest pas de sa famille politique. De quoi refroidir les ardeurs de lâĂ©quipe de Gabriel Attal, laquelle ne sait plus Ă quel saint se vouer. AprĂšs le naufrage de son opĂ©ration « 1000 bistrots », des sorties mĂ©diatiques hasardeuses, mais surtout ses annĂ©es (et donc son bilan) au gouvernement, nul doute que cette Ă©niĂšme initiative le fera remonter dans les sondages ! | ![]() | | | Ă LIRE AUSSI SUR LE SITE DE MARIANNE | | |  |  | | Vous recevez ce message car vous ĂȘtes abonnĂ©(e) Ă la newsletter POLITIQUE. Editeur de la Newsletter : CMI FRANCE, SAS au capital de 12 678 300 euros, immatriculĂ©e au RCS de Paris sous le numĂ©ro 324 286 319, dont le siĂšge social est situĂ© au 92 Avenue de France, 75013 Paris. 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